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Le blog de PANSE

COUP DE COEUR N°8: ANDY CAPP

18 Avril 2009 , Rédigé par PANSE Publié dans #COUPS DE COEUR

Lorsque j’ai griffonné pour la première fois mon 1er personnage des INDIENS (ŒIL DE BOUILLON GRAS), je n’ai rien remarqué.

Ce n’est que quand il a été entouré de sa tribu et quand j’ai commencé à le maîtriser graphiquement que l’évidence est apparue : Avec leur gros nez et leurs yeux masqués, il me faisaient penser à un autre personnage, célèbre celui là : ANDY CAPP.

 

C’est ce qu’on appelle une influence inconsciente car je suis un inconditionnel d’ANDY CAPP.

Pourquoi alors ne pas céder à rendre hommage au travers de mes personnages à celui de Reg SMYTHE ? Et pourquoi ne pas le présenter ici ?

 

ANDY CAPP est apparu pour la 1ère fois dans les pages du quotidien anglais DAILY MIRROR en le 5 août 1957 (tiens, l’année de ma naissance, encore un signe).

Son nom vient du jeu de mot sur handicap et de ANDY (diminutif d’ANDREW) et de CAP (comme la casquette qu’il porte éternellement vissée sur sa tête et qui lui cache les yeux





ANDY n’est pas un personnage très fréquentable. Chômeur professionnel, ses promenades se limitent au trajet entre le pub et sa maison. Ses principales occupations sont : boire un verre, jouer au billard, draguer, regarder la télé et commenter le monde à sa façon. Le reste du temps, il se prélasse sur son canapé.



 

Macho invétéré, il est marié à FLORRIE, plus connue sous le diminutif de FLO, une femme d’une quarantaine, négligée bardée de bigoudis qui passe son temps à ramener son mari du pub en râlant.

Des dizaines de fois, elle a fait sa valise pour quitter Andy (lui aussi d'ailleurs !) mais elle ne va jamais très loin. Elle travaille à faire des ménages et doit faire attention à son argent, car Andy lui fait régulièrement les poches.



 

ANDY CAPP est connu par les lecteurs de journaux du monde entier. En 1998, à la mort de son auteur, Reg SMYTHE, ses gags étaient ou avaient été publiés par 1 700 quotidiens de 52 pays et traduit en 14 langues. L'estimation de son lectorat est de 250 millions de personnes. Un résultat que peu de héros de BD ont atteint.

 

L'humour typiquement britannique de SMYTHE est sans doute la clé de ce succès. En France et en Belgique, outre les parutions dans quelques quotidiens, ce sont surtout les Éditions du Square et sa revue CHARLIE MENSUEL de 1969 à 1981, qui nous firent découvrir ou redécouvrir le monde d'Andy Capp.

Peu connu chez nous en dehors des initiés, ANDY CAPP mériterait d’être édité en albums à grande diffusion (avis aux éditeurs) et si on me dit un jour : « LES INDIENS me font penser à ANDY CAPP », je serai flatté du compliment


 

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E.P JACOBS

7 Avril 2009 , Rédigé par PANSE Publié dans #GRANDS NOMS

Avec une seule série, JACOBS a su créer un mythe de la BD européenne.


 


De son vrai nom Edgard Félix JACOBS, Edgard Pierre JACOBS est né à BRUXELLES le 30 mars 1904.

Son rêve n’était pas d’être dessinateur mais chanteur d’opéra.

Il a obtenu à 18 ans un petit rôle de choriste aux cotés de MISTINGUETT à BRUXELLES. Il a chanté aux cotés des grandes voix de l’époque en qualité de baryton à l’opéra de LILLE.

Appelé sous les drapeaux en 1940, la débâcle met un terme à sa carrière lyrique.

Il entre alors comme illustrateur au journal « BRAVO » et  y dessine la suite des aventures de FLASH GORDON. Après l’interdiction des séries américaines il crée une série de science fiction à la sauce FLASH GORDON : « Le rayon U »

Remarqué par HERGE , JACOBS l’aide à remonter les anciens titres et retravailler certains décors dès 1944. Il participe aussi à la conception des « 7 boules de cristal », album dans lequel il apparaît.

A la création du journal « TINTIN » JACOBS illustre « La guerre des mondes » d’après H.G WELLS et lance surtout le premier opus de ce qui deviendra une grande série avec « Le secret de l’espadon ». Cet album de 144 planches ( !!!) la 1re aventure de BLAKE ET MORTIMER demande à JACOBS un travail tel qu’il renonce à sa collaboration avec HERGE sur TINTIN




« Le secret de l’espadon » est un succès mais le suivant « Le mystère de la grand pyramide » est un triomphe. Nombre de vocations d’égyptologues naîtront avec cette aventure. Christiane DESROCHE-NOBLECOURT, fameuse égyptologue juge même les hypothèses de l’auteur « dignes d’intérêt ».




Suivront plusieurs volumes d’exception dont « La marque jaune » mais qui font grincer beaucoup de dents. La censure de l’époque s’offusque jusqu’à se déchaîner lors de la sortie de l’album « le piège diabolique ». Motif : « trop de violence et d’images hideuses ». En réalité, l’image d’une France ravagée par un conflit atomique semble politiquement incorrecte à l’époque où le pays se dotait d’une force de dissuasion nucléaire.

Ecœuré,  JACOBS ne reprendra BLAKE ET MORTIMER que 4 ans plus tard dans une histoire sans risque « l’affaire du collier ».

Dix ans plus tard, c’est la parution du 1er tome des « 3 formules du professeur SATO ». Mais le cœur n’y est plus, la magie non plus. Le tome 2 est écrit mais JACOBS préfère retravailler « Le rayon U »

E.P JACOBS meurt, solitaire, le 20 février 1987 à Bruxelles.

Contrairement à HERGE, JACOBS n’a pas demandé que ses héros disparaissent avec lui.

3 ans après sa mort, la suite de « SATO » paraît signée Bob DE MOOR. Puis ce sont de nouvelles aventures certaines scénarisée par Jean VAN HAMME.




BLAKE ET MORTIMER restent un pilier de la BD. Personnellement je trouve le dessin un peu raide, vieilli. Les dialogues sont interminables et les liaisons entre les cases souvent inutiles. Mais je reste admiratif du travail de documentation et de la qualité du moindre détail graphique.

Je ne suis pas un inconditionnel de JACOBS, mais sans son travail, la BD moderne serait elle ce qu’elle est ? La qualité de son travail a permis aux cotés d’autres artistes de sortir le 9ème art de son ghetto d’illustrations enfantines sans intérêt.




JACOBS restera un paradoxe. Venu à la Bande Dessinée par nécessité, il en est devenu un des grands maîtres

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