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Le blog de PANSE

E.P JACOBS

7 Avril 2009 , Rédigé par PANSE Publié dans #GRANDS NOMS

Avec une seule série, JACOBS a su créer un mythe de la BD européenne.


 


De son vrai nom Edgard Félix JACOBS, Edgard Pierre JACOBS est né à BRUXELLES le 30 mars 1904.

Son rêve n’était pas d’être dessinateur mais chanteur d’opéra.

Il a obtenu à 18 ans un petit rôle de choriste aux cotés de MISTINGUETT à BRUXELLES. Il a chanté aux cotés des grandes voix de l’époque en qualité de baryton à l’opéra de LILLE.

Appelé sous les drapeaux en 1940, la débâcle met un terme à sa carrière lyrique.

Il entre alors comme illustrateur au journal « BRAVO » et  y dessine la suite des aventures de FLASH GORDON. Après l’interdiction des séries américaines il crée une série de science fiction à la sauce FLASH GORDON : « Le rayon U »

Remarqué par HERGE , JACOBS l’aide à remonter les anciens titres et retravailler certains décors dès 1944. Il participe aussi à la conception des « 7 boules de cristal », album dans lequel il apparaît.

A la création du journal « TINTIN » JACOBS illustre « La guerre des mondes » d’après H.G WELLS et lance surtout le premier opus de ce qui deviendra une grande série avec « Le secret de l’espadon ». Cet album de 144 planches ( !!!) la 1re aventure de BLAKE ET MORTIMER demande à JACOBS un travail tel qu’il renonce à sa collaboration avec HERGE sur TINTIN




« Le secret de l’espadon » est un succès mais le suivant « Le mystère de la grand pyramide » est un triomphe. Nombre de vocations d’égyptologues naîtront avec cette aventure. Christiane DESROCHE-NOBLECOURT, fameuse égyptologue juge même les hypothèses de l’auteur « dignes d’intérêt ».




Suivront plusieurs volumes d’exception dont « La marque jaune » mais qui font grincer beaucoup de dents. La censure de l’époque s’offusque jusqu’à se déchaîner lors de la sortie de l’album « le piège diabolique ». Motif : « trop de violence et d’images hideuses ». En réalité, l’image d’une France ravagée par un conflit atomique semble politiquement incorrecte à l’époque où le pays se dotait d’une force de dissuasion nucléaire.

Ecœuré,  JACOBS ne reprendra BLAKE ET MORTIMER que 4 ans plus tard dans une histoire sans risque « l’affaire du collier ».

Dix ans plus tard, c’est la parution du 1er tome des « 3 formules du professeur SATO ». Mais le cœur n’y est plus, la magie non plus. Le tome 2 est écrit mais JACOBS préfère retravailler « Le rayon U »

E.P JACOBS meurt, solitaire, le 20 février 1987 à Bruxelles.

Contrairement à HERGE, JACOBS n’a pas demandé que ses héros disparaissent avec lui.

3 ans après sa mort, la suite de « SATO » paraît signée Bob DE MOOR. Puis ce sont de nouvelles aventures certaines scénarisée par Jean VAN HAMME.




BLAKE ET MORTIMER restent un pilier de la BD. Personnellement je trouve le dessin un peu raide, vieilli. Les dialogues sont interminables et les liaisons entre les cases souvent inutiles. Mais je reste admiratif du travail de documentation et de la qualité du moindre détail graphique.

Je ne suis pas un inconditionnel de JACOBS, mais sans son travail, la BD moderne serait elle ce qu’elle est ? La qualité de son travail a permis aux cotés d’autres artistes de sortir le 9ème art de son ghetto d’illustrations enfantines sans intérêt.




JACOBS restera un paradoxe. Venu à la Bande Dessinée par nécessité, il en est devenu un des grands maîtres

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