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Le blog de PANSE

VOUS AVEZ DIT MANGA?

1 Mai 2009 , Rédigé par PANSE Publié dans #THEMES DIVERS

 

  Attention; cet article se lit dans le sens européen de lecture (de gauche à droite)



La vogue « MANGA » a envahi l’occident depuis plusieurs années et est devenue une concurrente redoutable pour les comics U.S populaires depuis la fin des années 60 mais aussi pour la BD traditionnelle Franco Belge.

Fan de BD franco belge, je n’ai pu rester insensible à cet essor et peu à peu je me suis plongé dans le manga. En effet, peut on se prévaloir d’être un fan de B.D en ignorant un phénomène? La BD est mondiale et celle qui nous vient d’Orient a bien des qualités.

Tout d’abord, doit-on dire LE ou LA manga ?

Les mots japonais n'ont pas de genre grammatical par conséquent il est possible de dire un ou une manga. L'auteur  Frédéric BOILET a échauffé les esprits de beaucoup de fans habitués à accorder le mot au masculin, en parlant de manga au féminin. Ses arguments ne peuvent pas être totalement rejetés. Le fait est que Jules et Edmond de GONCOURT (oui, ceux du fameux prix, comme quoi la BD est une littérature), en parlant pour la première fois en France de manga, à la fin du XIXeme siècle, l'ont fait en accordant le mot au féminin.

Depuis cette époque, manga était souvent employé au féminin, et ce jusqu'à la popularisation récente de l'usage au masculin (dans les années 1990 par les premiers journaux spécialisés et la télévision). Un deuxième argument pourrait être que la locution équivalente en français, bande dessinée, est déjà de genre féminin.


À l'heure actuelle, on peut toutefois noter que c'est le genre masculin qui prédomine très largement.

Autre problème : l’accord au pluriel: conformément à la réforme de l'orthographe adoptée en 1991, « Les mots empruntés forment leur pluriel de la même manière que les mots français et sont accentués conformément aux règles qui s'appliquent aux mots français. ». Cependant, cette réforme n'étant toujours pas obligatoire, l'ancienne règle d'utilisation des pluriels dans leur forme originelle persiste. Ainsi, on peut rencontrer des manga aussi bien que des mangas, les deux orthographes étant correctes.



Mais qu’est ce que le manga
(j’ai opté pour le masculin, c’est un choix personnel).

Le Manga désigne en japonais les  bandes dessinées en général. En  France, ce terme désigne les bandes dessinées japonaises, et par extension, les bandes dessinées non-japonaises respectant les codes des productions populaires japonaises. Le mot manga est souvent utilisé de façon impropre pour nommer d'autres produits visuels rappelant ces bandes dessinées, style graphique…).

Manga souvent traduit littéralement par « image dérisoire », est composé de ga « dessin », « peinture » ou toute image dessinée (comme l' estampe), et man « involontaire », « divertissant », « sans but », mais aussi « exagérer », « déborder » ainsi qu'« au fil de l'idée », ainsi on pourrait aussi bien le traduire par « esquisse libre », « esquisse rapide », « image malhabile » ou tout simplement caricature

Le terme devient courant à la fin du XVIIIe siècle avec l'introduction de celle-ci au Japon. Lorsqu'elle y devient très populaire, après 1945 et grâce à  Osamu TEZUKA, le terme s'impose pour ne finir par ne plus désigner qu'elle. C'est ce terme qui a été utilisé à l'étranger (France, États-Unis, Allemagne, etc.), pour caractériser la bande dessinée japonaise, dont il est devenu un synonyme, et a été parfois grossièrement ramené à un genre.


TEZUKA un des grands maitres mangakaz
Fig:1 Osamu TEZUKA

Les mangas
se lisent souvent dans le sens inverse des bandes dessinées occidentales : de droite à gauche ce qui correspond au sens de lecture japonais. Cela amène une certaine confusion puisque la lecture des mots se fait alors dans le sens inverse de celui des cases (ce qui n'est pas le cas au Japon).


 
Fig2 le sens de lecture d'une planche de Manga

Introduits en France en 1978, les manga ne sont publiés dans ce sens en Occident que depuis 1995 environ. Toutefois, les éditeurs français ne se plient pas systématiquement à cette spécificité.



Certains éditeurs choisissent alors de simplement retourner les images, ce qui occasionne des incohérences douteuses (un droitier qui devient gaucher, un coup porté au cœur qui perd son sens avec une image inversée ou encore un salut nazi effectué du bras gauche). D'autres adaptent entièrement les ouvrages en retournant seulement certaines images, changeant la mise en page et en redessinant certains éléments graphiques, ce qui a pour mérite de faire correspondre la forme des bulles avec l'horizontalité des systèmes d'écriture occidentaux



La plupart des éditeurs ont actuellement adopté le sens de lecture japonais, dans un but d'économie et de respect de l'œuvre. Autrefois cela les aurait exposés à se couper d'un lectorat plus large que les habitués du genre. Cependant, la vague de démocratisation qu'a connu le manga en France a fait que la plupart des lecteurs préfèrent désormais de loin le sens de lecture japonais.

Ailleurs qu'en France, et notamment aux États-Unis, l'adaptation se plie généralement au sens de lecture occidental.

Les manga japonais sont très rarement édités directement sous forme de volumes reliés. Ils paraissent tout d'abord de manière découpée dans des magazine de prépublication, des revues spécialisées qui leur sont consacrées.


Les rythmes de publication de ces magazines peuvent beaucoup varier, allant de l'hebdomadaire aux publications mensuelles voire trimestrielles. Les séries y sont souvent publiées par chapitres d'une vingtaine de pages. À l'intérieur d'un même magazine, le papier peut parfois changer de couleur, afin de distinguer rapidement – les manga se lisent toujours rapidement – les différentes séries les unes des autres.


Ces magazines, bon marché, s'écoulent en grand nombre, c'est-à-dire en millions d'exemplaires, et se lisent un peu partout. On en retrouve parfois abandonnés dans les trains, les rames de métro, les cafés, etc. Ils alimentent un système de lectures multiples : un magazine serait lu par plusieurs personnes.

Principalement en noir-et-blanc, les premières pages des magazines sont souvent en couleurs, mettant tour à tour à l'honneur l'une de leur série vedette à cet emplacement, souvent de manière à ce que le chapitre en cours soit un début de volumes.

 

Ce n'est que dans un deuxième temps, lorsqu'un manga rencontre un certain succès, qu'il est édité en volumes reliés, similaire à ceux que l'on trouve en France, entamant ainsi une deuxième carrière. Ces volumes reliés sont appelés. En l'absence de succès auprès du public, une série pourra voir sa parution arrêtée, le mangaka étant prévenu peu avant pour trouver une fin rapide à son histoire et permettre une éventuelle parution en volumes. Certaines revues décident désormais de la fin d'une série dès la fin du second volume, conduisant à des histoires finales en quatre volumes. Dans certains cas, un manga à succès peut se voir adapté en « animé » (dessin Animé).


Techniquement parlant, les manga sont presque toujours en noir et blanc. En effet, ils sont la plupart du temps publiés dans un premier temps dans des revues peu coûteuses, sur du papier recyclé, et souvent seules les premières pages de la revue (correspondant à une mise en avant d'une série particulière) ont droit à la couleur. C'est ainsi que l'on retrouve parfois des pages en couleur au beau milieu des œuvres éditées par la suite séparément.


Notons au passage que les mangas comptent souvent un nombre de pages (de planches) très importants. À titre d'exemple, une BD européenne contiendra une quarantaine de planches quand le manga en comptera plus d'une centaine, voire plus de deux cents. Par ailleurs, le manga est le plus souvent une série en plusieurs volumes. Au final, le nombre total de planches racontant une histoire dans un manga est beaucoup plus élevé que dans une BD à l'européenne (même s'il s'agit d'une série). Ceci affecte par conséquent beaucoup la structure du récit et sa narration. D'où des techniques propres au manga.


Le dessin, en général, est moins « statique » que dans les bandes dessinées occidentales. Le manga utilise un découpage temporel proche de celui du cinéma, adoptant souvent ses cadrages et utilisant une décomposition du temps et de l'action. Les personnages ont souvent de grands yeux, ce qui permet de renforcer l'expressivité du visage. De nombreux codes graphiques sont utilisés pour symboliser l'état émotionnel ou physique d'un protagoniste. L'étonnement, par exemple, est souvent traduit par la chute du personnage ; l'évanouissement, par une croix remplaçant les yeux.


Il y a également une utilisation fréquente d'onomatopées relatives aux mouvements, actions ou pensées des personnages. Notons au passage que le japonais est beaucoup plus riche que le français en onomatopées et que leur champ d'application est plus large, incluant des concepts surprenants tels que l'onomatopée du sourire (niko niko), du silence (shiiin) ou encore du scintillement (pika pika, d'où le nom de PIKACHU).


Une particularité à noter est que la plupart des personnages ont souvent des traits occidentaux, au-delà du simple tracé des grands yeux des personnages. Un samouraï roux, un exorciste aux yeux bleus ou une écolière blonde n'ont rien d'étonnant pour le lecteur japonais, même s'ils sont censés être japonais ou de culture japonaise. La simple nécessité de distinguer physiquement entre deux personnages ne suffit pas toujours à expliquer cet aspect de la narration, puisque certains mangaka choisissent de donner à tous leurs personnages un aspect purement japonais, sans que cela ne pose de problème à la compréhension de l'histoire. Certains y voient une façon d'afficher un attrait pour l'Occident, qui apparaît largement ailleurs dans la vie quotidienne au Japon.


Fig3 : Petit nez et grands yeux pour les personnages de manga

Les décors des scènes sont parfois moins fouillés que pour une bande dessinée occidentale. Cela peut aller jusqu'à faire évoluer les personnages dans un décor blanc. Ce parti pris a pour conséquence de focaliser l'attention du lecteur sur l'histoire en général et sur les dialogues en particulier. On note ainsi une certaine résurgence de l'aspect théâtral.


Enfin, les personnages ont souvent des attitudes expressives à outrance : la colère, la jalousie ou la gêne se montrent facilement, alors que cette attitude est plutôt mal vue dans la culture japonaise, où le calme et la retenue sont de rigueur dans les rapports sociaux.


À la différence de l'Europe et des États-Unis, le marché de la bande dessinée au Japon n'est pas un marché de niche mais bel et bien un phénomène de masse qui touche une part énorme de la population (on estime à 60 % le nombre de japonais qui lisent au moins un manga par semaine) et génère une importante activité économique. Il convient de savoir que les manga japonais sont moins chers qu'en Europe, leur prix avoisinant les 500 yens (4.03 euros en mars 2009), alors qu'en France, le prix d'un manga se situe généralement entre 6 et 9 euros selon le format et les éditions.




Le manga, qui est publié dans les magazines de prépublication, est considéré au Japon comme un objet de grande consommation plutôt qu'un objet de valeur. Cependant, des éditions reliées et brochées à l'image de celles paraissant en Occident, sont destinées à être collectionnées et conservées.



L'énorme popularité des manga rivalise avec les grosses pointures de la bande dessinée européenne ; ainsi, les 42 tomes de DRAGON BALL se sont vendus à plus de 250 millions d'exemplaires dans le monde, un chiffre qui surpasse celui enregistré par Les Aventures de TINTIN et MILOU avec 24 albums édités à plus de 200 millions d'exemplaires.



Fig4: les rayons d'un magasin de mangas au Japon

Les revues de manga sont généralement destinées à une catégorie d'âge précise :


          kodomo
 : pour les jeunes enfants ;

  • Shojo : destinés aux jeunes filles adolescentes ;
    • Magical girl : Sous-genre du shōjo, désigne les mangas mettant en scène des jeunes filles utilisant des pouvoirs surnaturels pour combattre le Mal ;
    • Romance : Sous-genre du shōjo, manga sentimental mettant en scène une jeune fille amoureuse d'un prince charmant, généralement des drames romantiques ;
  • Shonen: pour les jeunes garçons adolescents;
    • Nekketsu : Sous-genre du shōnen, le terme signifiant sang brûlant désigne les shōnen manga mettant en scène des héros exaltés défendant des valeurs viriles traditionnelles telles que le courage, l'amitié et le dépassement de soi ;
    • Pantsu : Sous-genre du shōnen, le terme anglais pants (culotte) prononcé à la japonaise désigne les shōnen manga mettant en scène un héros généralement pervers au milieu d'un univers féminin dans le cadre d'une comédie romantique ;
  • Josei (女性) pour les jeunes femmes et adultes ;
    • Shojo-ai : Sous-genre du josei et du redisu, romance sentimentale entre femmes ;
    • Shonen-ai : Sous-genre du josei et du redisu, romance sentimentale entre hommes ;
    • Yaoi : Sous-genre du josei et du redisu, romance sexuelle entre hommes. les mangas érotique et pornographique ne sont pas distingué lorsqu'on parle de yaoi.
  • Seinen : destinés aux jeunes hommes et adultes ;
    • Ecchi : Sous-genre du seinen et du seijin, manga érotique mais non pornographique ;
    • Yuri : Sous-genre du seinen et du seijin, romance sexuelle entre femmes. les mangas érotiques et pornographiques ne sont pas distingués lorsqu'on parle de yuri.
  • Redisu, Lady's) : pour les femmes adultes.
  • Seijin : pour les hommes adultes.

  • Fig5: Une revue "SHONEN" destinée à la FRANCE

    On distingue aussi certains genres particuliers, la plupart du temps définissant le contexte de l'histoire ou son format :
  • Gekiga : manga dramatique des années 1960-70 ;
  • Hentai) : manga pornographique en général, la plupart du temps hétérosexuel  
  • Jifaimono: manga historique ;
  • Moé : manga tourné vers un sentiment ou une affection fétichiste pour un personnage ;
  • Shitei : manga de type humoristique pour petits et grands ;
  • Shakai : manga traitant de problèmes sociaux ;
  • Geihin : manga vulgaire ;
  • Suiri : policier, manga tourné vers le meurtre ;
  • Yonkoma : manga en quatre cases (équivalent du comic strip), souvent humoristique.

Dans les pays francophones, seules cinq catégories sont couramment publiées : Shōjo, Shōnen, Seinen, Shitei et Hentai.




Le dessinateur de manga est appelé mangaka. Il est soumis à des rythmes de parution très rapides, et ne bénéficie pas toujours d'une totale liberté sur son œuvre, selon la réception auprès du public. Si le manga connaît un fort succès, l'auteur devra prolonger son histoire, même s'il voulait la terminer. À l'inverse, certaines œuvres peu connues ne verront pas leur suite et fin publiées.




Le manga est donc un art majeur mais à souffert en France d’un regroupement de toutes les formes de cet art. Ce qui fit penser à Albert UDERZO que le manga était vulgaire et peu adapté à un jeune lectorat. En réalité il avait feuilleté un volume d’une série qui sous couvert éducatif présente des positions sexuelles explicites… !



Fig6: C'est en feuilletant un volume de cette collection , qu'Albert Uderzo a jugé le Manga

Au Japon , le manga a une réelle valeur éducative présentant des collections sur la prévention routière, l’éducation civique, etc aux lecteurs les plus jeunes.


Qu’est ce que le manga a pu apporter à un admirateur de BD Franco Belge comme moi ?


La découverte d’un genre, mais aussi des codes narratifs et graphiques nouveaux. Le style « manga » se retrouve dans des BD occidentales ou américaines. MARVEL a engagé dans son équipe un mangaka japonais et VARENNE, dessinateur français est une star au Japon. Quand je disais que la BD est un art mondial.
 

J’admire le sens des perspectives et du mouvement dans le Manga. Pour bouger, ça bouge, mais j’apprécie aussi quand l’action se calme comme dans la BD européenne.


Quant au sens de lecture, j'avoue avoir été désorienté au début. Mais passer de la BD occidentale au manga et vie versa est un esxcellent exercice cérébral et maintenant, j'ai acquis l'automatisme.


En résumé : qu’elle soit européenne, américaine, ou asiatique la BD recèles des codes communs et spécifiques qui permettent la lecture de véritables joyaux.


Cet article est long mais le manga le méritait

 

 

 

 

 

 

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JM7 23/01/2010 01:20


Salut ton blog et super excellent travail et bonne continuation ^^


PANSE 23/01/2010 18:20


Merci de tes encouragements