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Le blog de PANSE

MARIJAC

16 Juillet 2009 , Rédigé par PANSE Publié dans #GRANDS NOMS

En pensant écrire cette rubrique, j’ai longuement hésité sur le choix de cet article consacré à un grand nom de la BD Franco-Belge.
 
Immédiatement deux noms me sont venus à l’esprit : HERGE et René GOSCINNY .
Facile, ce sont les plus connus. Mais si tout le monde les connaît, où est le plaisir de découvrir ?

D’autres noms ont été passés en revue : trop connus ou ne méritant pas (ou pas encore) le nom de Grand de la BD.
Puis soudain, un nom s’est imposé. Comment ne pas y avoir pensé plus tôt ? MARIJAC. Peut être l’un des plus grands et le plus méconnu de tous les animateurs de la BD française.




MARIJAC est né à PARIS le 7 novembre 1908 dans un modeste foyer originaire du massif central. A l’époque, pour l’Etat Civil, il se nomme Jacques DUMAS.


Ouvrier, Il débute sa carrière d’illustrateur en 1926 et publie ses 1ers dessins dans le journal d’une fédération sportive de MONTROUGE , JEUNES, L’AUTO et dans EST ECLAIR.


En 1931 il entre à CŒURS VAILLANTS, un hebdomadaire catholique qui publie TINTIN pour la France et publiera en 1936 JO, ZETTE et JOCKO également d’HERGE.


C’est là que MARIJAC publie sa 1ère série JIM BOUM d’abord dans le style humoristique qui évoluera vers le réalisme. Il collabore également pour le journal PIERROT et ses séries seront reprises dans COQ HARDI 




MARIJAC créera un grand nombre de séries jusqu ‘en 1938 ;


Mobilisé en 1939, lors de la déclaration de la seconde guerre mondiale, il anime deux journaux du front.

Fait prisonnier, MARIJAC s’évade et rejoint le maquis d’AUVERGNE.
C’est là qu’il crée un petit journal clandestin et satyrique, LE CRI DU CORBEAU où apparaissent LES TROIS MOUSQUETAIRES DU MAQUIS.

Inspirés d’authentiques résistants, L’AVOCAT, LE PINCEAU et LA TORPILLE en font voir de toutes les couleurs à une armée allemande plus bête que disciplinée. C’est un peu ASTERIX avant l’heure.

 


L’expérience de ce journal résistant donne l’idée à MARIJAC de se lancer dans la presse dès la libération. Il conçoit COQ HARDI dont le 1er numéro paraît sur quatre pages à CLERMONT FERRAND en novembre 1944 et devient le 1er journal de bande dessinée publié après guerre.
Il restera longtemps le meilleur et le plus lu.

De retour à PARIS, MARIJAC transforme COQ HARDI en hebdomadaire. Le nombre de pages augmente et des dessinateurs font leur entrée.



Pour l ‘anecdote, il faut dire que MARIJAC était l’homme orchestre de son journal : Il écrit la plupart des scénarii, réalise au début tous les dessins (sous différentes signatures), il est directeur, Rédacteur en Chef, éditeur.


En tout cas, MARIJAC excelle dans tous les styles : Western, Anticipation, Récits historiques et bandes romanesques pour les journaux destinés aux jeunes filles.

 


Il édite aussi une vingtaine de titres dont le dernier ALLEZ France meurt après seulement 5 numéros en 1968.

La bande dessinée moderne ne lui convient pas et MARIJAC décide sagement de prendre sa retraite.

Son talent a été reconnu par ses pairs en 1979 quand il s'est vu remettre le Grand Prix au Festival d'ANGOULEME. Lui qui avait été le précurseur en France du 9ème art n' a pas été oublié quand la B.D est devenue un moyen d'expression ayant acquis ses lettres de noblesse 


Il aura prouvé qu’on peut faire de la BD de qualité avec de faibles moyens financier mais avec de bons dessinateurs mais aussi avant René GOSCINNY qu’une bonne BD n’est pas seulement un bon dessin et qu’il faut un scénario de qualité.


MARIJAC partage sa retraite entre sa famille et les manifestations de BD où il retrouve ses lecteurs anciens ou plus jeunes grâce à la réédition de ses bandes.


MARIJAC s’est éteint à LYONS LA FORET (EURE) le 21 juillet 1994.

 

J’ai eu la chance de rencontrer MARIJAC en 1987 lors du salon de la BD de ROUEN (l’ancêtre de DARNETAL) dans le centre ST SEVER. Je n’oublierai jamais ce grand monsieur, son œil qui se mettait à scintiller d’une jeunesse éternelle quand on parlait BD, quand je lui ai dit qu’enfant, on m’avait offert un album des TROIS MOUSQUETAIRES DU MAQUIS et que je l’avais toujours et le relisait régulièrement.
Je revois sa main esquissant avec facilité L’AVOCAT sur mon bloc.



Et comble du plaisir, lors d’une démonstration sous les caméras de France 3, il a dessiné un cow boy à cheval, s’est excusé d’avoir « griffoné » sur mon carnet, et m’a remercié lorsque je lui ai demandé de la signer.. Ce jour là, l’amateur que je suis était face à une légende et cette légende ne m’a pas décu.



MARIJAC avait du mal avec les chevaux, il leur trouvait des pattes difficiles à croquer. Je m’en suis souvenu quand j’ai réalisé ma 1ère BD. C’est l’hommage que j’ai voulu lui rendre en expliquant pourqoui dans ma BD "LES INDIENS", on ne voit jamais cet animal 

 

 

Quelques anecdotes :

 

         -      MARIJAC a choisi son pseudonyme en associant son prénom JACQUES à celui de son épouse MARIE.


-      
De Novembre 1945 à novembre 1946, BURNE HOGARTH, dessinateur de TARZAN publie aux Etats Unis une série « DRAGO ». MARIJAC publie très peu de séries américaines mais « DRAGO » paraît en France grâce à lui.
Quand la série s’arrête, HOGARTH bâcle la fin.
Vingt ans après, HOGARTH découvre, lors d’une visite à PARIS quatre planches publiées dans COQ HARDI, dessinées par lui même mais dont la fin est totalement différente.
MARIJAC avait réécrit cette fin et pour l’illustrer, il avait découpé les personnages dans des cases du 1er épisode et les avait remontés habilement.
Le procédé est indéfendable, mais tous les connaisseurs avouent que la version MARIJAC est plus satisfaisante que l’originale

(Cet article a été initialement écrit pour le N° 2 du Fanzine "OBJECTIF BULLES" qui devait paraitre en Mai 2008 mais n'est jamais sorti)

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R 17/02/2016 11:55

Bonjour,l``avocat c t mon grand père ,Monsieur Gasco Francois de La Bourboule.

PANSE 17/02/2016 17:59

Merci de la précision. Je prends note