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Le blog de PANSE

LES FUNNIES

6 Février 2011 , Rédigé par PANSE Publié dans #COUP DE RETRO

Retracer l’histoire de la Bande dessinée est une tache ardue.

 

 

 

 

 

Je vais pourtant tenter d’en faire ici un tour d’horizon en avouant que celui ci ne sera jamais complet et laisse une place à la subjectivité

 

La raison qui me pousse à commencer par l’évolution de la B.D aux USA s’explique aussi par un choix subjectif.

Si la BD est un phénomène mondial, si elle puise ses racines en EUROPE c’est aux USA qu’elle a connu le développement le plus rapide dans ses premières décennies.

 

William Randolph Hearst et de Joseph Pulitzer tentent de fidéliser leur lectorat en publiant dans l'édition dominicale des pages d’humour, les funnies (dessins humoristiques). Ces pages portaient le nom de comic supplément.

Les dessinateurs, au fil des années, vont créer des personnages récurrents puis développer les dessins en deux ou trois cases disposées horizontalement : c’est le début des strips (bandes comiques). Devant le succès, les patrons de presse font paraître des strips chaque jour de la semaine, l'édition du dimanche reprenant les strips de la semaine avec un « bonus » : le top qui consistait en un strip original qui reprend souvent un personnage secondaire.

 

 

C'est en 1892 que W. Hearst fait paraître le premier strip dans son premier journal, que son père vient de récupérer en paiement d'une dette de jeu, le San Francisco Examiner. James Swinnerton crée à cette occasion les premiers dessins d’animaux humanisés Little Bears and Tykes

  

Joseph Pulitzer, le mentor de W. Hearst, publie en 1894, dans le New York World, le premier strip en couleurs dessinée par Walter McDougall. C’est à la même date et dans le même journal que Richard F. Outcault dessine Hogan’s Alley, créée quelques temps avant dans le journal Truth, dans lequel un gamin des rues est habillé d’une chemise de nuit bleue qui deviendra en 1895, compte-tenu des impératifs de fabrication, jaune. Rapidement le petit personnage devient la coqueluche des lecteurs qui le nomme Yellow Kid.

  

yellow kid

 

 

Le succès de Yellow Kid dope la vente du New York World attisant la convoitise de W. Hearst. La concurrence féroce que se livre W. Hearst et J. Pulitzer aboutit en 1896 au débauchage de R. Outcault par W. Hearst pour travailler au New York Journal.

Une âpre bataille judiciaire autorise J. Pulitzer à continuer la parution de Hogan’s Alley qu’il confie à Georges B. Luks et W. Heart à publier la série sous un autre nom et R. Outcault choisit The Yellow Kid qui dès le 25 octobre 1896 prononcera ses premières paroles dans un balloon ;

R. Oucault avait déjà fait parler d'autres personnages de son strip dans des balloons.

 

En 1902 R. Outcault retourne au New York World et dessine l’antithèse de Yellow Kid avec Buster Brown, un enfant issu de la bourgeoisie new yorkaise.

  

  

C’est dans American Humorist, supplément hebdomadaire du New York Journal et en 1897 que Rudolph Dirks dessine The Katzenjammer Kids (Pim, Pam et Poum) sous forme d’« histoire en images » mais très vite R. Dirks utilise des balloons. C’est la première bande dessinée à utiliser la narration linéaire.

 

katzies

 

 

Mais R. Dirks se brouille avec W. Hearst et quitte son journal pour aller dessiner dans le New York World de J. Pulitzer les Kids sous le nom de Hans and Fritz tandis que W. Hearst confie les Katzenjammer Kids à Harold Knerr.

  

 captainkids

 

pim pam poum

 

(PIM PAM POUM)

 

 

C’est de 1905 que les puristes datent la première bande dessinée n’utilisant que des balloons pour faire parler les personnages. Il s’agit de Little Nemo in Slumberland dessinée par Winsor McCay pour le New York Herald de J. Pulitzer. Cette bande dessinée est moderne à plus d’un titre, hormis le fait de l’utilisation systématique des balloons, W. McCay casse pour la première fois la mise en page des strips en utilisant au maximum la surface de la planche pour créer des cases de dimension adaptée au récit. Il fait aussi une utilisation hardie des couleurs entre tons pastels et couleurs pures dans un style très Art Nouveau. W. McCay s’adresse à un public adulte comme déjà en 1904 avec Little Sammy sneeze qui détruit le cadre de sa case en éternuant le 24 septembre 1905 dans le New York Herald.

 

 

little nemo

 

 

Le succès des sunday-strips est tel que le San Francisco Chronicle est le premier journal à faire paraitre en 1907 des daily-strips dans ses pages sportives quotidiennes avec la série Mister Mutt start in to play the races de Bud Fisher et qui devient Mutt and Jeff dans les pages du San Francisco Examine. Les sunday-strips se généralisent rapidement dans l’ensemble de la presse américaine.

 

En 1910 George Herriman dessine The Dingbat Family dans le New York Journal de W. Hearst. Au départ le strip n’a pas beaucoup de succès mais elle plait au boss qui la soutient. C’est dans ce strip qu’apparaissent progressivement Offissa Pupp, Ignatz Mouse et Krazy Kat.

 

 

krazy kat

 

 La bande s’appelle Krazy Kat en 1913. Elle est aujourd’hui considérée comme une œuvre majeur de la bande dessinée internationale compte tenu du nombre important de dessinateurs qui se déclarent influencés par le dessin de G. Herriman ainsi que par sa maîtrise de l’absurde et le surréalisme de ses dialogues.

  

C’est en 1912, que W. Hearst crée International News Service qui prend le nom de King Features Syndicate en 1914. Cette agence a pour objectif la vente à la presse mondiale des bandes dessinées dont elle détient les droits. Suivent United Feature Syndicate, New York News Syndicate, Field Newspaper Syndicate, McNaught Syndicate, etc.

  

Le dessinateur n’est qu’un employé du syndicat qui peut être remplacé à tous moments par un autre dessinateur qui reprendra ses personnages. Les dessinateurs abandonnent tous leurs droits aux profits des patrons de presse et cela durera jusqu'en 1950. Ainsi apparaît le principe du héros de bande dessinée passant de dessinateur en dessinateur.

  

Depuis la création des daily strips en 1907 et des syndicates à partir de 1912, c'est l'explosion des comics. Pratiquement toute la presse des USA publie des strips donnant leurs chances à des auteurs et des dessinateurs que la presse nationale ne reconnaît pas.

 

C'est à ce moment que les comics vont prendre un premier tournant. Si en Europe la bande dessinée est d'abord et avant tout enfantine, aux États-Unis le comic est adulte et familiale ; C’est ainsi que va se développer ce qui sera appelé plus tard les family strips, des bandes racontant l'american way of life naissante. Cela durera jusqu'à un certain 24 octobre 1929, le Jeudi noir de la Grande Dépression. La crise change la vie des américains et influence aussi les comics en annonçant la fin des funnies.

 

(A suivre...)

 

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