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Le blog de PANSE

René GOSCINNY avant A.U (Albert UDERZO)

22 Janvier 2012 , Rédigé par PANSE Publié dans #ASTERIX ET CIE

« C’est le 14 aout 1926 que mon frère ainé a cessé d’être fils unique » déclarait lui-même René GOSCINNY

 

René GOSCINNY est donc né le 14 aout 1926 dans le 5éme arrondissement de PARIS, originaire d’une famille d’immigrés polonais d'origine juive.

 

Etre né une veille de jour férié lui fera dire plus tard qu'il est en réalité un "paresseux contrarié" !

 

Il n'a pas encore 2 ans lorsque ses parents partent pour l'Argentine en 1928. Son père obtient un poste d'ingénieur chimiste dans cette lointaine Amérique du Sud.

 

Cet éloignement leur sauvera la vie quelques années plus tard, pendant la Seconde Guerre mondiale. Leur famille restée en France n'échappera pas à l'Holocauste.

 

L'enfant y passe une jeunesse paisible et fait ses études au lycée français de Buenos Aires. Passionné par l'écriture et le graphisme, il découvre très tôt la littérature, puis la bande dessinée.

 

 

  chrono enfance02

En classe, le jeune René est celui qui fait rire. Cela ne l'empêche pas d'effectuer une scolarité sans encombre au Lycée français de Buenos Aires.

 

lycee francais

 

Passionné par l'écriture et le graphisme, il découvre très tôt la littérature, puis la bande dessinée.

Lors d'un séjour au Brésil, en 1938, il recopie même un album entier des Pieds-Nickelés.

 


En 1940, alors que l'horizon européen s'obscurcit, René GOSCINNY « exécute » Hitler et Mussolini dans un petit carnet intitulé Croquis et caricatures. Ses seules activités sportives se limitent à quelques chevauchées dans la Pampa.

 

chrono jeune01

 

En 1943, il obtient son Baccalauréat, section philo. Une semaine plus tard, son père meurt d'une hémorragie cérébrale. René a 17 ans…

 

Il lui faut trouver un travail alors qu'il envisageait d'intégrer l'école des Beaux-Arts, de faire une licence de lettres ou de rentrer en Europe pour intégrer la France Libre.. Il sait qu'il a en lui « le pouvoir de faire rire ». Il rêve d'être humoriste. Mais ce n'est pas un vrai métier…

 

L’année suivante, il obtient son premier emploi comme comptable adjoint dans une entreprise de pneumatiques. Détestant son travail (« Une de mes tâches consistait à ouvrir le courrier et la plupart des lettres commençaient par "Assassins" ! La colle ne tenait pas bien et les pneus lâchaient au-dessus de 60 à l'heure. »), il démissionne peu après pour devenir dessinateur dans une agence de publicité.

 

Parallèlement, il publie ses premiers textes et dessins dans Quartier latin, bulletin interne du lycée français de BUENOS AIRES.

 

René GOSCINNY, accompagné de sa mère, quitte l’ARGENTINE pour NEW YROK en 1945, afin de rejoindre son oncle Boris. GOSCINNY devient traducteur dans une firme marocaine d’import-export en attendant de trouver une situation plus stable.

 

C'est le début d'une galère qui durera 5 ans. Pas d'argent, peu de travail, il choisit d'effectuer son service militaire dans l'armée française. Promu caporal-chef, il devient le dessinateur attitré du régiment et réalise menus, illustrations et affiches.

 

Le général DE LATTRE DE TASSIGNY lui-même, amusé par ses illustrations le nommera sergent.

Il prend rapidement conscience après la fin de son service militaire que l'Europe, qui n'est encore qu'un champ de ruine, ne peut rien pour lui et décide de rentrer à New York rejoindre sa mère.

 

En 1947, il illustre tout de même « La Fille aux yeux d'or », un roman de BALZAC paru dans la collection « Les classiques du XIXe ».

 

Rentré à NEW YORK, GOSCINNY veut trouver un métier en relation avec ce qu'il aime le plus, faire rire les autres. Il frappe aux portes des éditeurs, agences de presse et studios de création avec ses quelques travaux publicitaires réalisés en ARGENTINE et des dessins humoristiques personnels, mais il ne reçoit que des refus.

 

GOSCINNY traverse alors la période la plus difficile de sa vie.

Il reste un an et demi sans emploi, totalement déprimé et vivant aux crochets de sa mère (il en tirera l’un de ses plus percutants textes : Seul, sans amis, sans un sou…)

 

À la fin de l'année 1948, il trouve par l'intermédiaire d'un ami français un travail dans un studio de publicité.

Il y rencontre Harvey KURTZMAN,

 

kurtzman3

 

futur fondateur du magazine MAD,

 

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Jhon SEVERIN et Bill ELDER.

 

L'année suivante il publie son premier livre intitulé Playtime Stories aux éditions Kunen Publishers. Il s'agit d'un livre-puzzle pour enfants de douze pages The Monkey in the Zoo, Water Pistol Pete and Flying Arrow, Jolly Jingle, qu'il signe « Art by René GOSCINNY ».

 

Avec l’argent gagné, il part en vacances en France et sur le bateau du retour, il apprend qu’un auteur belge de bande dessinée, JIJE s'est installé dans le CONNECTICUT.

 

C'est par l'intermédiaire de JIJE qu'il rencontre MORRIS, élève de ce dernier et auteur de la série LUCKY LUKE (personnage créé en 1946) « « Gillain (le véritable de JIJE) m'a parlé de Morris, ce type complètement dingue mais marrant qu'il voulait me présenter… C'est d'ailleurs dans les mêmes termes qu'il avait parlé de moi à Morris. »

 
Il faudra attendre 1955 pour que Morris et GOSCINNY travaillent ensemble sur la série LUCKY LUKE.

 

Morris et GOSCINNY deviennent très vite copains et partent à New York.

 

À l'été 1949, GOSCINNY travaille pour une société d'édition de cartes postales peintes à la main, mais il se rend souvent dans le Connecticut pour y voir JIJE, qu'il considère aussi bon en bande dessinée que les Américains.

  

Il y apprend sa méthode pour dessiner. Mais GOSCINNY n'a pas le même talent au dessin que les précédents élèves de JIJE (MORRIS ou André FRANQUIN), JIJE va s'intéresser à son sens du gag et des mots, qualité qui manque beaucoup aux auteurs de bande dessinée européenne.

 

GOSCINNY sort à cette période quatre nouveaux livres pour les enfants

René GOSCINNY scénarise et dessine sa première bande dessinée, Dick Dicks.

 

dick dicks

 

 

L'histoire d'un détective dans un New York quasi désert. Le scénario est déjà excellent. Mais le dessin est perfectible. Il avait du mal à dessiner les voitures, alors quand ses personnages étaient pressés, il les obligeait à courir !

 

Par l'intermédiaire de JIJE toujours, GOSCINNY rencontre Georges TROISFONTAINES, directeur de WORLD PRESS AGENCY, qui travaille en étroite collaboration avec les éditions DUPUIS.

A son contact, GOSCINNY pense de plus en plus à rentrer définitivement en Europe

 

Lors d'une visite à New York, Georges TROIFONTAINES lui avait dit de passer le voir à BRUXELLES.

 

GOSCINNY le prend au mot et il prend le bateau pour l'Europe.

 

 

madteam

 

(L'équipe de MAD salue le départ de leur ami RENE)

 

Il est reçu dans l'agence par Jean Michel CHARLIER, alors directeur artistique, qui bien qu'il n'ait pas de travail pour lui, consulte quand même les planches de Dick Dicks. Enthousiasmé par le scénario (moins par le dessin), il convainc Georges TROISFONTAINES de l'engager.

 

Celui-ci l'envoie chez son associé et beau-frère, qui fait publier Dick Dicks dans le supplément du magazine La Wallonie.

 

Pour anecdote, certaines sources affirment que TROISFONTAINE avait complètement oublié ce jeune home à qui il avait proposé un job ! Légende ou réalité ?

 

Durant l'hiver 1951, la World Press ouvre un bureau sur les Champs Elysées à PARIS. GOSCINNY y est envoyé pour travailler sur sa série.

 

Il a aussi une autre mission : récupérer à Paris des pages illustrées par un certain Albert Uderzo employé lui aussi par la World Press et qui dessine la série BELLOY sur un scénario de Jean Michel CHARLIER

 

Nous sommes en 1956, et les deux hommes ne se quitteront plus ! Ensemble, ils vont multiplier les projets.

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