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Le blog de PANSE

Articles avec #coup de retro tag

EC COMICS: Une référence

29 Avril 2012 , Rédigé par PANSE Publié dans #COUP DE RETRO

 

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À l'origine de EC Comics se trouve l'éditeur Max GAINES, pionnier du comic book.

En 1945, après avoir vendu sa maison d'édition All-American Comics à DC Comics il fonde la société Educational Comics pour publier des comic books éducatifs.

Rapidement la production se diversifie et les genres abordés sont religieux, éducatif ou humoristique

Par la suite, selon la thématique du comics publié, le E de EC signifie Educational (éducatif) ou Entertaining (amusement).

Les séries durent peu de numéros (entre 1 et 10)  et n'ont pas assez de succès pour permettre à l'éditeur de gagner de l'argent ; de ce fait, EC est constamment endetté.

Le 20 août 1947 Max GAINES meurt dans un accident de bateau ce qui amène son fils William, surnommé Bill, à prendre la tête de la compagnie et poursuivre cette politique éditoriale éducative ou d'humour.

Bill Gaines ne voulait pas, a priori, travailler dans le monde de la bande dessinée et il se préparait à devenir professeur de chimie mais sa mère insiste tant pour qu'il prenne la suite de son père, qu'il finit par accepter. Quand Bill Gaines succède ainsi à son père, EC comics est endetté à hauteur de 110 000 $

En mars 1948, Bill Gaines rencontre un jeune dessinateur, Al FELDSTEIN âgé de seulement 22 ans, qui cherche du travail. Les deux hommes vont immédiatement s'entendre et travailler ensemble à l'écriture des scénarios et à la direction éditoriale que doit suivre l'entreprise.

 

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Sous l'influence de  Al FELDSTEIN, EC comics change peu à peu de politique éditoriale.

Les comics publiés, comme cela l'était à l'origine, peuvent être encore des comics éducatifs (souvent à la demande d'organisations religieuses ou enseignantes), mais de plus en plus souvent ce sont des comics aux thèmes plus à même de plaire aux adolescents : western, romance et policier.

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Les comics d'humour ou ceux destinés aux enfants sont abandonnés.

En février-mars 1950, les comics publiés traitent des thèmes du western, de la romance ou des intrigues policières.

EC, qui a été longtemps déficitaire, commence à atteindre un équilibre financier. Cependant Bill Gaines et Al Feldstein publient des comics qu'ils n'apprécient pas. Ils se contentent de suivre la mode. Aussi, décident-ils de ne plus se contenter de suivre mais d'être originaux et, comme l'un et l'autre sont passionnés de récits fantastiques radiodiffusés et de nouvelles ou de romans de ce genre, ils décident de tenter l'expérience de diffuser des histoires d'horreur .

Ce sont les comics policiers War against Crime et Crime Patrol qui à partir du 10e numéro vont accueillir une histoire de ce genre. Le succès est au rendez-vous et l'abandon de l'ancienne ligne de comics est décidé pour faire place à une nouvelle

 

Cette nouvelle politique éditoriale sera, a posteriori, appelée le New Trend.

Les comics policiers deviennent des comics d'horreur : (Crime patrol est renommé en The Crypt of terror et War against crime enVault of Horror) ; de même le western Gunfighter est changé en Haunt of Fear.

 

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Deux des comics de romance changent de thématique pour devenir des comics de science-fiction : Saddle romance est rebaptiséWeird Science et A moon, a girl...romance prend le titre de Weird Fantasy. Seul est poursuivi sans changement Modern Love mais il sera finalement arrêté en août 1950.

EC comics connaît le succès et gagne enfin de l'argent. William Gaines décide alors d'augmenter le nombre de séries publiées. Il confie à Harvey KURTZMAN, dessinateur et scénariste pour EC qui souhaitait plus s'investir dans la création, le rôle de rédacteur en chef de Two-fisted Tales. À l'origine il devait s'agir d'un comics d'aventures mais la guerre de Corée va amener Kurtzman à réorienter le périodique dans une thématique d'histoires de guerre.

Le succès du titre amènera la création en 1951 d'un autre comics du même genre, aussi dirigé par Kurtzman : Frontline Combat.

 

Le nombre de comics publié s'étoffera aussi en octobre 1950 avec Crime Suspenstories, qui présente des histoires criminelles et un récit d'horreur, et en 1952 avec Shock Suspenstories qui mêle des récits de plusieurs genres (science-fiction, horreur, policier, fantastique et « critique sociale »). Le succès est très important aussi bien pour les revenus que pour le nombre de lecteurs : entre 350 000 et 400 000 exemplaires des comics d'horreur se vendent chaque mois en 1953; les comics de guerre et de science fiction tournent autour de 225 000 exemplaires.

Le revenu de EC est de 1 million par an, le bénéfice net de 50 000 $. Les revenus proviennent essentiellement de la vente des comics puisque 3 pages seulement sont occupées par des publicités

Si ce sont les comic books d'horreur qui vont le plus frapper l'imagination du public, et rester associés au nom EC Comics, le succès le plus durable d'EC est toutefois le titre satirique MAD, initialement édité par Harvey Kurtzman à partir d'octobre 1952 et qui existe toujours sous la forme d'un magazine.

 

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Ce lectorat important va susciter la création d'un fan club, The EC Fan-Addict Club, qui sera le premier de ce genre créé par une maison d'édition et qui disposera de son propre journal. De 1950 à 1954 EC comics connaît donc son âge d'or. Les comics se vendent bien et le contenu est de qualité avec des dessinateurs tels que Wally Wood, Joe Orlando, Harvey Kurtzman, etc. qui illustrent les scénarios de Gaines, Feldstein et Kurtzman.

 

Cependant, si les jeunes lecteurs apprécient les comics, il n'en est pas de même pour une partie de la population adulte qui milite contre leur publication. Des associations, entre autres religieuses, critiquent les bandes-dessinées accusées de présenter des images violentes ou sexuelles. Des comics sont littéralement mis au bûcher.

Cette critique populaire est relayée par le psychiatre Fredric WERTHAM,

 

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auteur du livre Seduction of the Innocent, qui lie criminalité adolescente et lecture de comics et qui reproche aux comics d'exposer les enfants à des situations et images choquantes.

 

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Cela amène l'État fédéral à décider une enquête et à créer pour cela en 1953 un sous comité sénatorial sur la délinquance juvénile.

Les audiences publiques ont lieu d'avril à juin 1954.

Le comité entend entre autres Fredric Wertham et William Gaines, qui est le seul éditeur à témoigner. L'audience de Gaines est une catastrophe.

On lui présente une couverture d'un comics (Crime suspenstories no 22) montrant la tête d'une femme décapitée tenue par les cheveux par son assassin et on lui demande si cela est de bon goût.

 

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La réponse de Gaines est affirmative si l'on considère qu'il s'agit d'un comics d'horreur.

Gaines va alors être présenté par la presse comme un être cynique et les comics vont être montrés du doigt.

Pour éviter la menace d'une loi censurant les comics, Bill Gaines invite ses collègues éditeurs à financer une recherche universitaire afin d'évaluer sérieusement les supposés méfaits des comics. Cette réunion finalement débouche, au grand dam de Gaines, sur la décision de créer un code listant ce qui est acceptable dans un comics, ce qui deviendra plus tard la Comics Code Authority contrôlée par un organisme financé par les éditeurs et chargée de vérifier la bonne moralité des comics publiés.

Cette décision ira dans le sens des recommandations du sous comité sénatorial qui dans son rapport final refuse la promulgation d'une loi permettant la censure des comics mais invite les éditeurs à réguler les publications.

En septembre 1954 les éditeurs fondent donc la Comics Magazine Association of America qui regroupe 90% des éditeurs.

Ils demandent à un magistrat d'établir un code de bonne conduite.

Ainsi se met en place la Comics Code Authority chargée d'approuver ou de rejeter les comics en fonction de critères de décence très stricts.

 Parmi ceux-ci, certains semblent délibérément tournés contre EC, comme par exemple l'interdiction de mots tels que Crime ou Terror dans les titres de comic books. De plus les monstres (vampires,loup-garous, zombies, etc.) sont interdits.

Gaines décide dans un premier temps de ne pas adhérer à l'association.

Mais les distributeurs refusant de transporter ses titres en l'absence d'approbation de la CCA, il supprime rapidement ses séries d'horreur et les deux titres Suspenstories.

Les séries de guerre ont auparavant été arrêtées car Harvey Kurtzman préfère se consacrer à MAD

Weird Science-Fantasy, qui est né de la fusion de Weird Science et Weird Fantasy, est renommé en Incredible Science Fiction et une série de nouveaux titres d'aventures est créée pour remplacer les titres supprimés.

Gaines ne veut toujours pas adhérer au CMAA mais les ventes s'en ressentent car les distributeurs refusent ses comics.

Les ventes de ceux-ci atteignent entre 10 et 15 % de celles des comics du New Trend.

À partir du deuxième numéro, les comics sont donc soumis au CCA mais les ventes progressent peu et sont insuffisantes pour espérer être rentables (elles atteignent 20 % des ventes du New Trend). Les comics sont donc abandonnés et remplacés par des magazines surnommés Picto-Fiction qui ne durent que 2 ou 3 numéros et qui sont aussi des échecs commerciaux.

Quand en 1956 le distributeur d'EC, Leader News, fait faillite, Gaines décide d'arrêter l'ensemble des titres qu'il publiait encore à l'exception du magazine satirique MAD qui est bénéficiaire.

Les difficultés financières de EC obligent cependant Gaines à renflouer la société avec ses fonds propres et ceux de sa mère à hauteur de 110 000 $.

En 1961, Bill Gaines vend E.C Comics (qui est réduit à MAD) à l'entreprise Premier Industry qui le revend en 1964 à National Periodicals, branche de DC COMICS.

DC Comics va par la suite être rachetée par l'entreprise Kinney Parking Company qui devient aussi propriétaire de la Warner Bros.

Cette entreprise changera de nom plusieurs fois, au grès d'achats et de ventes d'entreprises, pour devenir enfin TIME WARNER.

Bill Gaines restera à la tête de MAD jusqu'à sa mort en 1992 malgré les vicissitudes que connaîtra la maison-mère.

EC Comics légalement existe toujours et demeure le propriétaire des droits de MAD , mais de fait DC comics, étant propriétaire à 100 % d'EC, est seul responsable de ce magazine.

 

Le succès d'EC, et la persistance de sa mémoire dans le monde des comics, tient sans doute à l'addition de trois éléments : des histoires particulièrement horribles mais bien écrites et mises en images par les meilleurs dessinateurs de l'époque .

Elle est aussi probablement liée à la volonté de Bill Gaines, Al Feldstein et Harvey Kurtzman de produire des œuvres qu'eux-mêmes appréciaient et d'accorder tout le soin possible à l'édition de leurs œuvres.

Les scénaristes et dessinateurs d’EC sont considérés aujourd’hui comme des maitres de la BD et ils ont influencé nombre d’auteurs de la jeune génération (jen profite poiur saluer Thierry OLIVIER, un artiste véritable qui a su s'inspirer avec talent de ces comics)

Chacun des titres mériterait un article

Je reviendrai aussi sur l"oeuvre" destructrice du Dr WERTHAM, sorte de "Mc CARTHY" de la BD 

 

 

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LES FUNNIES

6 Février 2011 , Rédigé par PANSE Publié dans #COUP DE RETRO

Retracer l’histoire de la Bande dessinée est une tache ardue.

 

 

 

 

 

Je vais pourtant tenter d’en faire ici un tour d’horizon en avouant que celui ci ne sera jamais complet et laisse une place à la subjectivité

 

La raison qui me pousse à commencer par l’évolution de la B.D aux USA s’explique aussi par un choix subjectif.

Si la BD est un phénomène mondial, si elle puise ses racines en EUROPE c’est aux USA qu’elle a connu le développement le plus rapide dans ses premières décennies.

 

William Randolph Hearst et de Joseph Pulitzer tentent de fidéliser leur lectorat en publiant dans l'édition dominicale des pages d’humour, les funnies (dessins humoristiques). Ces pages portaient le nom de comic supplément.

Les dessinateurs, au fil des années, vont créer des personnages récurrents puis développer les dessins en deux ou trois cases disposées horizontalement : c’est le début des strips (bandes comiques). Devant le succès, les patrons de presse font paraître des strips chaque jour de la semaine, l'édition du dimanche reprenant les strips de la semaine avec un « bonus » : le top qui consistait en un strip original qui reprend souvent un personnage secondaire.

 

 

C'est en 1892 que W. Hearst fait paraître le premier strip dans son premier journal, que son père vient de récupérer en paiement d'une dette de jeu, le San Francisco Examiner. James Swinnerton crée à cette occasion les premiers dessins d’animaux humanisés Little Bears and Tykes

  

Joseph Pulitzer, le mentor de W. Hearst, publie en 1894, dans le New York World, le premier strip en couleurs dessinée par Walter McDougall. C’est à la même date et dans le même journal que Richard F. Outcault dessine Hogan’s Alley, créée quelques temps avant dans le journal Truth, dans lequel un gamin des rues est habillé d’une chemise de nuit bleue qui deviendra en 1895, compte-tenu des impératifs de fabrication, jaune. Rapidement le petit personnage devient la coqueluche des lecteurs qui le nomme Yellow Kid.

  

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Le succès de Yellow Kid dope la vente du New York World attisant la convoitise de W. Hearst. La concurrence féroce que se livre W. Hearst et J. Pulitzer aboutit en 1896 au débauchage de R. Outcault par W. Hearst pour travailler au New York Journal.

Une âpre bataille judiciaire autorise J. Pulitzer à continuer la parution de Hogan’s Alley qu’il confie à Georges B. Luks et W. Heart à publier la série sous un autre nom et R. Outcault choisit The Yellow Kid qui dès le 25 octobre 1896 prononcera ses premières paroles dans un balloon ;

R. Oucault avait déjà fait parler d'autres personnages de son strip dans des balloons.

 

En 1902 R. Outcault retourne au New York World et dessine l’antithèse de Yellow Kid avec Buster Brown, un enfant issu de la bourgeoisie new yorkaise.

  

  

C’est dans American Humorist, supplément hebdomadaire du New York Journal et en 1897 que Rudolph Dirks dessine The Katzenjammer Kids (Pim, Pam et Poum) sous forme d’« histoire en images » mais très vite R. Dirks utilise des balloons. C’est la première bande dessinée à utiliser la narration linéaire.

 

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Mais R. Dirks se brouille avec W. Hearst et quitte son journal pour aller dessiner dans le New York World de J. Pulitzer les Kids sous le nom de Hans and Fritz tandis que W. Hearst confie les Katzenjammer Kids à Harold Knerr.

  

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(PIM PAM POUM)

 

 

C’est de 1905 que les puristes datent la première bande dessinée n’utilisant que des balloons pour faire parler les personnages. Il s’agit de Little Nemo in Slumberland dessinée par Winsor McCay pour le New York Herald de J. Pulitzer. Cette bande dessinée est moderne à plus d’un titre, hormis le fait de l’utilisation systématique des balloons, W. McCay casse pour la première fois la mise en page des strips en utilisant au maximum la surface de la planche pour créer des cases de dimension adaptée au récit. Il fait aussi une utilisation hardie des couleurs entre tons pastels et couleurs pures dans un style très Art Nouveau. W. McCay s’adresse à un public adulte comme déjà en 1904 avec Little Sammy sneeze qui détruit le cadre de sa case en éternuant le 24 septembre 1905 dans le New York Herald.

 

 

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Le succès des sunday-strips est tel que le San Francisco Chronicle est le premier journal à faire paraitre en 1907 des daily-strips dans ses pages sportives quotidiennes avec la série Mister Mutt start in to play the races de Bud Fisher et qui devient Mutt and Jeff dans les pages du San Francisco Examine. Les sunday-strips se généralisent rapidement dans l’ensemble de la presse américaine.

 

En 1910 George Herriman dessine The Dingbat Family dans le New York Journal de W. Hearst. Au départ le strip n’a pas beaucoup de succès mais elle plait au boss qui la soutient. C’est dans ce strip qu’apparaissent progressivement Offissa Pupp, Ignatz Mouse et Krazy Kat.

 

 

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 La bande s’appelle Krazy Kat en 1913. Elle est aujourd’hui considérée comme une œuvre majeur de la bande dessinée internationale compte tenu du nombre important de dessinateurs qui se déclarent influencés par le dessin de G. Herriman ainsi que par sa maîtrise de l’absurde et le surréalisme de ses dialogues.

  

C’est en 1912, que W. Hearst crée International News Service qui prend le nom de King Features Syndicate en 1914. Cette agence a pour objectif la vente à la presse mondiale des bandes dessinées dont elle détient les droits. Suivent United Feature Syndicate, New York News Syndicate, Field Newspaper Syndicate, McNaught Syndicate, etc.

  

Le dessinateur n’est qu’un employé du syndicat qui peut être remplacé à tous moments par un autre dessinateur qui reprendra ses personnages. Les dessinateurs abandonnent tous leurs droits aux profits des patrons de presse et cela durera jusqu'en 1950. Ainsi apparaît le principe du héros de bande dessinée passant de dessinateur en dessinateur.

  

Depuis la création des daily strips en 1907 et des syndicates à partir de 1912, c'est l'explosion des comics. Pratiquement toute la presse des USA publie des strips donnant leurs chances à des auteurs et des dessinateurs que la presse nationale ne reconnaît pas.

 

C'est à ce moment que les comics vont prendre un premier tournant. Si en Europe la bande dessinée est d'abord et avant tout enfantine, aux États-Unis le comic est adulte et familiale ; C’est ainsi que va se développer ce qui sera appelé plus tard les family strips, des bandes racontant l'american way of life naissante. Cela durera jusqu'à un certain 24 octobre 1929, le Jeudi noir de la Grande Dépression. La crise change la vie des américains et influence aussi les comics en annonçant la fin des funnies.

 

(A suivre...)

 

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UNE BONNE SURPRISE POUR COMMENCER L'ANNEE 2011

10 Janvier 2011 , Rédigé par PANSE Publié dans #COUP DE RETRO

J'avais prévu de laisser ici le témoignage de mon admiration pour René GOSCINNY, Albert UDERZO et le petit gaulois bien connu.

 

Puis est arrivé LA surprise de ce début d'année.

 

Une amie de mon épouse a retrouvé chez elle de vieux journaux et connaissant ma passion pour la BD lui a demandé si je serai interessé.

 

C'est ainsi qu'on m'a offert un plein sac de BD anciennes

 

Jugez vous même:

 

Plus d'une centaine de N° de PILOTE (1967 à 1969)

 

Une cinquantaine de N° du JOURNAL DE MICKEY (1967)

 

Et 23 N° (du 1 au 23) du supplément illustré du dimanche de PARIS NORMANDIE (journal régional N°1 chez nous).

J'ignorais jusqu'alors l'existence même de ces suppléments à l'américaine

 

DOnc le temps m'a manqué le temps de découvrir ces trésors dont je reparlerai

 

ASTERIX devra patienter

 

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FLASH GORDON: un héros d'espace et d'épée

11 Novembre 2010 , Rédigé par PANSE Publié dans #COUP DE RETRO

FLASH GORDON est certainement le plus grand héros de BD créé avant guerre.

En 1933, Joseph CONNOLLY, l'un des responsables de KING FEATURES SYNDICATES, est à la recherche d'un héros de science fiction susceptible de concurrencer BUCK ROGERS.

 

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Il fait appel à Alex Raymond qui, s'inspirant d'une nouvelle de Philip WYLIE et Edwin BALMER, crée le personnage de FLASH GORDON, sorte de super héros avant la lettre préfigurant les SUPERMAN et TARZAN à  venir. La série paraît sous la forme d'une planche hebdomadaire à partir de janvier 1934

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La série parait en strip quotidien dès mai 1940

 

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FLASH GORDON est un joueur de polo

L’histoire commence par le bombardement de la terre par des météores. Le Professeur ZARKOV pense que ces météores ont été  intentionnellement projetés sur Terre.

Il  invente une fusée pour découvrir la provenance de ces météores et capture FLASH GORDON et DALE ARDEN, une jeune femme qui voyageait avec lui

Notre trio voyagera jusqu'à  la planète MONGO, où  ils découvriront que les météores sont des armes de destruction massive inventées par le tyran MING, souverain sans merci de MONGO.

Pendant de nombreuses années, nos trois compagnons auront d'incroyables aventures sur MONGO.

 Ils découvriront le royaume des forêts appelé ARBORIA,  où  règne le Prince BARIN, le royaume de Glace de FRIGIA commandé par la reine FRIA.

Notre trio visitera le royaume de la Jungle TROPICA, dont la souveraine est DESIRA
, le royaume sous-marin des Hommes-Requins, commandés par le Roi KALA, la Cité aérienne des Hommes-Faucons sur laquelle règne le Prince VULTAN.

Notre trio aura pour fidèle compagnon, l'Homme-Lion THUN, Prince de son peuple d'Hommes fé
lins.

De retour sur Terre, Flash Gordon, joindra le Conseil Mondial de l'Espace comme pilote et explorateur. Flash voyagera sur de nombreuses planètes, tant dans notre système Solaire que dans
toute notre Galaxie et notre Univers.

Flash Gordon combattra é
galement les SKORPIS, une race d'aliens impie et blasphématoire qui ont juré de détruire la race Humaine.

Flash retournera souvent sur la planète MONGO où  le Prince BARIN ayant renversé Ming, épousera la fille de ce dernier : la Princesse Aura.

 

FLASH GORDON puise son inspiration dans les romans de chevalerie (il se bat à l'épée aussi bien qu'au pistolet) ainsi que dans les feuilletons fantastiques du XIXe siècle, la BD est mise en valeur par la grande qualité du dessin commune à tous les dessinateurs qui ont succédé à Alex RAYMOND (Austin BRIGGS, Mac RABOY, Dan BARRY Franck FRAZZETTA,  etc).

 

 Les décors merveilleux se succèdent, limitant ainsi le manque de scénario ; la lutte de Flash Gordon contre Ming se résume globalement à une suite ininterrompue de péripéties sans grands liens les unes avec les autres, parfois même coupées de longs intermèdes de découvertes de royaumes tiers.

 

Le style Art Déco, le bestiaire chimérique, les réminiscences moyenâgeuses, le rythme de narration effréné seront d'une grande inspiration à l'un des fans de cette série, George LUCAS, lorsqu'il écrira sa saga de La Guerre des Etoiles.

 

En France, Flash GORDON a été publié dès 1936 sous le nom de Guy l’ECLAIR (DALE devenant CAMILLE) dans la revue ROBNSON puis dans DONALD (après guerre) et dans LE JOURNAL DE MICKEY ;

Il a aussi fait l’objet d’albums chez différents éditeurs

 

FLASH a aussi été adapté en « sérials », ces feuilletons cinématographiques proposés en 1ère partie de séance,

 

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Au cinéma,

 

Flash Gordon Film

 

 

En séries télévisés, en films d’animation, en jeux vidéo (preuve de la durée de sa notoriété) et même en parodie érotique sous le nom de « Flesh GORDON » qui fut à son tour adaptée en BD !

 

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Même si avec  le temps, FLASH GORDON est devenu un aventurier de l’espace n’ayant plus rien à voir avec le héros poétique d’Alex RAYMOND, même si aujourd’hui il peut sembler « ringard » face à ses héritiers, il demeure au panthéon pour avoir fait rêver des générations de lecteurs (sans parler des tenues courtes et légères des héroïnes) et il  a inspiré de nombreux auteurs dont WALLACE WOOD pour SALLY FORTH (en y incluant 

BUCK ROGERS)

 

 

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Bons voyages FLASH

 

 

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QUAND LA B.D "BULLE"

27 Juin 2010 , Rédigé par PANSE Publié dans #COUP DE RETRO

Comme je l’ai expliqué ici (article « THE YELLOW KID ») la Bande dessinée moderne est apparue en 1895 avec l’apparition des 1ers phylactères.

Un phylactère (nom savant et un peu oublié) est un mot tiré du grec pour désigner un moyen graphique utilisé en illustration puis en bande dessinée pour attribuer des paroles aux personnages.

 

On lui préfère d’autres appellations plus simples.

Dans les pays anglo saxons ce sont des «ballons » (balloons), en Italie ce sont des FUMETTI (petites fumées) et en France, des bulles.

Il semblerait que cette appellation soit récente.

Longtemps, on appela les phylactères des ballons en France aussi.

Lors de l’édition d’un livre sur les personnages féminins dans la BD, l’éditeur Jean Jacques PAUVERT et l’auteur Jacques SADOUL cherchait un titre.

 

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(Jean Jacques PAUVERT)

 

L’aspect un peu érotique du livre, le terme d’  « enfer » (en référence à la bibliothèque du VATICAN où sont entreposés les ouvrages licencieux) s’imposa mais pour définir le genre, PAUVERT proposa l’ «  enfer des bulles » selon le terme qu’il employait pour désigner les fameux ballons.

SADOUL expliqua : « mais personne ne dit ça » et PAUVERT, visionnaire répliqua : « Après notre livre tout le monde utilisera le mot « bulles » »

C’était en 1968 et le mot « bulles » s’est imposé

 

 

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Le mot s’est d’ailleurs imposé chez nous plus vite que l’usage.

 

Alors que l’usage des bulles se répandait rapidement aux Etats Unis, il faudra attendre 13 ans pour voir en 1908, les premiers phylactères en FRANCE.

La tradition des textes placés sous l’image était fortement ancrée quand Louis FORTON crée dans l’hebdomadaire l’  « EPATANT », un trio de joyeux drilles : Les Pieds Nickelés.

 

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(Louis FORTON)

C’est une révolution timide certes : les personnages disent quelques mots, les sonnettes font « dring », les coups de poing font « PAF », mais l’essentiel du texte reste sous les cases.

La révolution des bulles est en marche mais à petit pas

 

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Après les Pieds Nickelés, les tentatives de dialogues dans les cases sont inexistantes ou presque (SAM ET SNAP en 1908, FRIP ET BOB de l’écrivain Mc ORLAN en 1911 et 1912…).

En général les auteurs restent fidèles aux pavés de texte plus ou moins indigestes bien taillés au cordeau et placés sous les dessins.

 

Un incident apparemment sans importance va tout changer.

Le journal « Le Dimanche illustré publie depuis 1923 des planches américaines entièrement à bulles et un de ces annonceurs (l’orfèvrerie PERRIN dont l’histoire de la BD a retenu le nom à cette occasion) renonce au dernier moment à la publicité qui devait figurer dans la dernière page du numéro du 3 mai 1925.

Pour remplacer cette page vide la direction décide de publier un dessin et demande le concours d’Alain SAINT OGAN (voir article).

Celui ci conçoit alors ZIG et PUCE qui ne s’exprimeront qu’au travers de bulles !

Le succès est tel que dès 1927, ZIG et PUCE deviennent des personnages habituels du journal.

 

 ZIG ET PUCE

 

Pourtant il faudra attendre encore des années pour que les bulles fassent partie intégrante de la BD française

HERGE lui-même fera la triste expérience de cette fâcheuse habitude :

La 1ère aventure de TINTIN, dessinée tout en bulles sera reprise par « Cœurs Vaillants » et la rédaction, pensant que le lecteur ne comprendrait rien a rajouté des textes légendes sous chaque dessin.

HERGE dut se fâcher pour que son œuvre soit respectée.

 

 

TINTIN

 

Peu à peu sous l’influence américaine et sous celles de SAINT OGAN, HERGE et d’autres, les bulles s’imposèrent enfin et si elles perdurent faisant les beaux jours de « France SOIR » dans les années 50 à 70, les bandes textes disparaissent en 1975 avec le 3588ème et dernier strip de la série SAN ANTONIO mise en image par Henry BLANC

 

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La forme des bulles permettait également de reconnaître sans se tromper les deux grands styles de la BD  belge :

-L’école de BRUXELLES (celle du journal TINTIN) avec ses bulles carrées ou rectangulaires comme HERGE, JACOBS, MARTIN…

-L’école de MARCINELLE (celle du journal SPIROU) avec ses bulles de formes arrondies comme FRANQUIN, PEYO, WHALTERY …

 

La forme style MARCINELLE est aujourd’hui quasi universelle surtout pour les BD comiques ou semi réalistes et la forme style BRUXELLES semble plus « datée » et j’ai moi-même adopté naturellement la forme arrondie pour mes créations

 

Pour conclure, il est donc évident que sans « bulles », la BD ne serait pas celle que l’on connaît mais il ne faut pas pour autant en déduire que les artistes du 9ème art sont des « bulleurs »…

 

 

 

 

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ALAIN SAINT OGAN:Père de la BD européenne moderne

9 Mai 2010 , Rédigé par PANSE Publié dans #COUP DE RETRO

On dit souvent qu’Alain SAINT OGAN est le premier à avoir introduit le système des bulles en EUROPE.

C’est inexact car les premières bulles sont apparues en France avec les PIEDS NICKELES en 1908.

Toutefois Alain SAINT OGAN a donné ses lettres de noblesse à l’illustration et a permis de passer de l’histoire illustrée telles que la concevaient CHRISTOPHE  ou PINCHON pour devenir le pionnier de la Bande Dessinée française moderne.

 

Alain SAINT OGAN (de son vrai nom Alain Marie Joseph Paul Louis Fernand LEFEBVRE SAINT OGAN) est né  le 7 août 1895 à Colombes (Hauts-de-Seine).

 

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En 1926, la famille du jeune Alain SAINT OGAN déménage en Égypte où le père d'Alain est nommé rédacteur en chef de l'Étendard égyptien.

 

Le séjour ne dure que 3 mois mais conforte Alain SAINT OGAN dans sa vocation de journaliste

 

Il participe à de nombreux journaux et est même l’unique rédacteur, illustrateur et manutentionnaire du « Journal des deux Mondes), revue tirant à 2 000 exemplaires

 

Suivant les cours de l’Ecole Nationale des arts décoratifs de PARSI, il participe au Salon des humoristes en 1921.

 

En 1925, la direction du journal l’EXCELSIOR fait appel à lui pour compléter la dernière page de leur supplément illustré « Le Dimanche Illustré) suite à la désaffection d’un annonceur publicitaire (comme c’était arrivé à PINCHON pour BECASSINNE).

SAINT OGAN imagine alors les aventures de 2 enfants nommés ZIG et PUCE

La principale innovation de ces aventures est la disparition du texte sous l’image et l’emploi systématique des phylactères déjà répandus aux U.S.A.

 

 

ZIG ET PUCE 2

 

Quelques mois plus tard, les 2 amis font la connaissance d’ALFRED le pingouin.

 

ZIG ET PUCE

Perdus au Pole Nord, ZIG et PUCE doivent se nourrir et pour cela capture un pingouin.

« J’avais réussi à dessiner un pingouin, raconte SAINT OGAN, mais je n’ai pas eu le cœur de le tuer pour le faire passer à la casserole »

ALFRED deviendra le 3ème personnage de la série et peut être le plus populaire.

En effet, on le retrouvera dans la loge de vedettes du Music Hall et même dans le cockpit de LINDBERGH lors de sa traversée de l’ATLANTIQUE !

Lors des premières éditions du festival d’ANGOULÊME, les lauréats se voyaient remettre un « ALFRED » avant que celui ci soit remplacé par un « ALPH ART »

 

Le succès de ZIG et PUCE n’empêche pas SAINT OGAN de créer d’autres personnages :

Parmi les autres séries qu'il a créées, on peut citer :

MITOU ET TOTI

Prosper l'ours (à partir de 1933)

 

PROSPER ET TOUTOUNE

 

 

Monsieur Poche (à partir de 1934)

 

M POCHE

 

 

TOUITOUI

 

Dans les années 1940, Alain SAINT OGAN prend la direction d'une revue pour enfants, Benjamin, dans les colonnes de laquelle il publiera notamment sa série Troc et Boum. En 1948 il raconte les aventures et Cyprien et Gédéon dans la vie catholique illustrée

Parallèlement, Alain SAINT OGAN a également créé, durant de longues années après le Seconde Guerre mondiale, un dessin d'humour quotidien à la une du Parisien libéré, animé une émission radiophonique, produit des émissions télévisées et écrit quelques livres (dont deux de souvenirs)

 

Dans les années 60, alors que son oeuvre commence à être un peu oubliée, il connaît une période de difficultés financières. Le dessinateur et scénariste GREG, qui l'admire, lui propose alors avec succès que tous deux reprennent en collaboration de nouvelles aventures de ZIG et PUCE pour le journal TINTIN ainsi que Monsieur POCHE pour PILOTE.

La résurrection de Monsieur POCHE ne verra pas le jour mais donnera naissance à ACHILLE TALON (Voir article consacré à ACHILLE TALON sur ce blog), mais ZIG et PUCE retrouveront une nouvelle jeunesse, le talent de scénariste de GREG s’alliant à un désir de respecter le graphisme d’Alain SAINT OGAN dans les 1ères aventures avant de le moderniser

 

ZIG ET PUCE GREG

 

En 1974, peu avant sa disparition, il fut président d'honneur du premier festival d’ANGOULEME

 

Alain SAINT OGAN est décédé le 22 juin 1974 à Paris.

Son style graphique se rattache au style « Arts déco », privilégiant la lisibilité et l’efficacité.

A ce titre il est à juste titre considéré comme l’inventeur de la « Ligne Claire » qui sera popularisée par HERGE

HERGE lui-même a toujours revendiqué l’influence qu’il a subie par la lecture des histoires d’Alain SAINT OGAN

Avant Alain SAINT OGAN on parlait d’histoires illustrées », il a su créer la Bande Dessinée française

.

 

 

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CHRISTOPHE LE PRECURSEUR

10 Janvier 2010 , Rédigé par PANSE Publié dans #COUP DE RETRO

 

 CHRISTOPHE


Si les « historiens » de la Bande Dessinée s’accordent à fixer la naissance du 9 Art à l’apparition du YELLOW KID (voir article sur ce blog), la tradition des « histoires en images » est bien européenne et c’est en France qu’on trouve l’un des premiers artistes de ce mode d’expression.

 

A la différence de la B.D qui utilise la technique des « bulles » pour exprimer les dialogues et pensées, le texte des histoires en images est situé sous l’illustration en un texte explicatif.

Cette tradition durera longtemps en France et les « bulles » mettront des années avant de s’imposer.

 

L’un des maîtres des histoires en images est né le 25 mai 1856 à LURE dans la HAUTE SAONE

De son vrai nom Georges COLOMB, il est le 4ème enfant d’une famille dont le père est principal du collège de LURE.

Bachelier ès lettres à 16 ans, és sciences à 18, il intègre l’école Normale Supérieure en 1878 et obtient une licence de Mathématiques, de Sciences Physiques puis de Sciences Naturelles. Un de ses condisciples est Henri BERGSON.


À sa sortie, il épouse Hélène Jacquet en 1882 et enseigne les sciences naturelles au futur Lycée CONDORCET où il comptera parmi ses élèves le jeune Marcel PROUST. En 1884, il est nommé professeur au Lycée FAIDHERBE à LILLE. Il passe son doctorat de sciences en 1887.


CHRISTOPHE+MME

Ce parcours brillant démontre que dès ses débuts, l’art de l’histoire illustrée n’est pas, comme voudrait le faire croire les détracteurs de la BD, un moyen d’expression pour « simples d’esprits »


Pour compléter ses revenus il publie des dessins dans différents journaux et commence à faire paraître en1889 les premières bandes de la famille FENOUILLARD, ce qui ne plaît guère à sa hiérarchie. Il continue donc ses publications sous le pseudonyme de Christophe (en référence à Christophe COLOMB)


Désormais, Le « Petit Français illustré » lui ouvre grandes ses colonnes et dès 1893 son lectorat s’élargit aux acheteurs des albums en format à l’italienne des Facéties du sapeur CAMEMBER, de L’Idée fixe du savant COSINUS et autres Malices de PLICK et PLOCK.


La Famille FENOUILLARD est donc généralement considérée comme la première Bande Dessinée française.


Famille-Fenouillard

Cette critique caustique des mœurs de province met en scène les Fenouillard, bonnetiers à Saint-Rémy-sur-Deule (sis dans le département imaginaire de Somme-Inférieure). Agénor Fenouillard ayant convolé en justes noces avec Léocadie Bonneau, les fruits de leur union furent Artémise, l'aînée et Cunégonde, la cadette.

Ils explorent d'abord la NORMANDIE et embarquent malgré eux au HAVRE pour l'AMERIQUE, rencontrent les sioux, les trappeurs du détroit de BEHRING et enfin les papous. Ils finissent par revenir triomphalement à Saint-Rémy-sur-Deule.

Ce tour du monde involontaire contraste avec l'immobilisme du Savant COSINUS qui, lui, voulait voyager et ne dépassa pas les faubourgs de PARIS

 

Pour imaginer le personnage de Pancrace Eusèbe Zéphyrin Brioché, dit SAVANT COSINUS, Christophe a pris modèle sur des mathématiciens et physiciens célèbres du XIXème siécle. Son modèle principal serait Jacques Hadamard, un mathématicien bien connu pour sa distraction. Mais il a aussi recueilli des anecdotes sur Paul Painlevé, Henri Poincaré et aussi les physiciens André-Marie Ampère - connu pour sa distraction - et François Arago.


SAVANT COSINUS2

SAVANT COSINUS

Dès 1893, COSINUS invente divers moyens de voyager à travers le monde. Parmi ces inventions, la plus remarquable est l' « 
anémélectroreculpédalicoupeventombrosoparacloucycle » utilisant tous les moyens de propulsion connus et même inconnus 


anémélectroreculpédalicoupeventombrosoparacloucycle
 

Enfin de 1890 à 1896, CHRISTOPHE publie les « Facéties du Sapeur CAMEMBER » personnage de soldat illettré et un peu simplet dont les agissements sont souvent absurdes.
Né le 29 février 1844 dans le village imaginaire de GLEUX LES LURE (SAONE SUPERIEURE)), il ne peut fêter son anniversaire que tous les quatre ans, et se trouve donc (après une enfance tapageuse) mobilisé dès sa cinquième bougie...


Il est affecté comme sapeur, c'est-à-dire soldat du génie militaire, ce qui est déjà une pointe d'ironie eu égard à sa faiblesse d'esprit.


Sa simplicité s'illustre, par exemple, lorsqu'il creuse un trou pour y mettre la terre d'un autre ; il est vrai qu’il est alors dépassé en sottise par son supérieur, le sergent Bitur, qui le traite de « double mulet cornu » et lui reproche de ne pas avoir fait le deuxième trou assez grand pour qu’on puisse y mettre sa terre avec celle du premier…


Sapeur-case
 

Comme on le voit par ces titres, Christophe est un créateur de types, bien «dessinés», qui s’imposeront durablement dans l’imagerie sinon des classes populaires – car son comique est rempli de références cultivées et juxtapose le second degré aux plus vieilles recettes de la farce – du moins des classes moyennes. La réussite de cet auteur complet est d’avoir trouvé la forme originale en correspondance avec sa verve : un dessin clair et net, caricatural sans méchanceté, de nombreuses trouvailles graphiques – des effets de point de vue, par exemple, ou, plus spécifiquement encore, d’association texte/image –, le tout à l’échelle de la vignette mais aussi de la planche.

 

Mais CHRISTOPHE n’a jamais considéré son activité d’illustrateur comme un fin en soi et il n’a jamais abandonné sa vocation première. De retour à Paris il est nommé maître de conférences à la Sorbonne où il termine sa carrière au poste de sous-directeur du laboratoire de botanique. Il est l'auteur de nombreux manuels scolaires en botanique comme en zoologie.



Infatigable enseignant, il donnera des cours au collège de jeunes filles de Sévigné jusqu'à 70 ans.


Durant la seconde guerre mondiale, il se réfugie avec sa famille dans la zone sud. Il meurt des suites d'une occlusion intestinale à NYONS le 3 janvier 1945. Il est enterré à Asnières.

 

Ainsi, Né au cœur du second Empire, mort aux premiers mois de la Libération, celui dont la mémoire nationale se souvient encore sous le nom de Christophe n’a pas mené seulement une longue existence mais aussi une double vie.

 

Mort dans l’oubli, une quarantaine d’années après avoir à peu près totalement arrêté son activité de dessinateur public, Christophe a été exhumé par François Caradec dès 1956, juste avant que ne naisse le mouvement « bédéphilique » qui en a fait depuis, avec Rodolphe Töpffer et Joseph Pinchon, l’un des plus vieux maîtres, respectés, d’un « neuvième art » aujourd’hui reconnu


CHRISTOPHE2
 

Anecdotes :

 

René GOSCINNY a rendu hommage à un des personnages de CHRISTOPHE dans l’album d’ASTERIX « La Zizanie » en nommant un romain « SAVANCOSINUS »


SAVANCOSINUS.jpg
 

Il existe à LURE un Lycée Georges COLOMB ;


LYCEE COLOMB
 

A LURE toujours, on peut rencontrer les membres de la Confrérie du Sapeur

CONFRERIE SAPEUR

et dans cette ville on peut admirer depuis 1979 une st tue du Sapeur CAMEMBER réalisée par
Françoise FAURE-COUTY. L’œuvre a été inaugurée le 17 juin 1979 par Edgar FAURE

 

 STATUE CAMENBER

 

 

Chaque 29 février parait le journal "La Bougie du Sapeur" inspiré lui aussi de la date d'anniversaire de CAMENBER.


Si le style de CHRISTOPHE nous semble surranné, n'oublions pas ce que lui doit la B.D  moderne. Un dessin un peu raide certes, l'absence de bulles (on ne peut pas tout inventer) mais CHRISTOPHE a su aussi en digne contemporain d'ALLAIS introduire le non sens et la folie dont se glorifient aujourd'hui les plus grands artistes du 9 ème Art et qui font de la B.D une lecture magique

 

 

 

 

 

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THE YELLOW KID

11 Octobre 2009 , Rédigé par PANSE Publié dans #COUP DE RETRO

 

Dans cet article, le « coup de rétro » va nous entraîner très loin, jusqu’aux origines de la Bande Dessinée.

 

Les 1ères « histoires en images remontent à des temps lointains. Certains n’hésitent pas à remonter jusqu’aux grottes de LASCAUX, à la colonne trajanne, etc.…

Sans aller aussi loin, il faut considérer que la Bande dessinée est un médium donc outre un dessin, une histoire, il faut pour être considérée comme une B.D que l’œuvre soit aussi diffusée.

C’est pourquoi ce sont les « histoires illustrées » de Rodolphe TÖEPPFER (1869), Wilhelm BUSCH (1860) ou CHRISTOPHE (1889) qui sont reconnues comme les premières esquisses de la B.D moderne

 

Malgré ces débuts prometteurs en EUROPE, ce sont les Etats Unis qui vont par la puissance de la presse permettre le développement de la B.D grâce aux comics strips, récits en 4 ou 5 images paraissant de façon quotidienne ou hebdomadaire.

 


 

Le 17 février 1895, le « NEW YORK WORLD » publie une série intitulée « At the Circus in HOGAN’S ALLEY » de W.F OUTCAULT. Il s’agit alors d’une grande illustration d’une artère peuplée de personnages pittoresques.

La première publication d’Hogan’s Alley, en noir et blanc, date du 2 juin 1894 dans Truth Magazine

Parmi eux se trouve un gamin nommé Mickey DUGAN, tête chauve, oreilles en « feuilles de chou » et vêtu d’une chemise de nuit bleue.

Afin de tester l’encre jaune, difficile à imprimer avec les moyens techniques de l’époque, la couleur de la chemise changera et le personnage deviendra dans l’esprit des lecteurs le « YELLOW KID »

Sur cette chemise est brodée une phrase malicieuse, impertinente et toujours différente.

 



Mais très vite, ce moyen d’expression ne suffisant pas, OUTCAULT va faire s’exprimer  ces personnages à travers des « phylactères » que les lecteurs baptiseront vite « ballons .

 

Bien que d’autres auteurs aient déjà publié des bandes dessinées dans le pays, le succès du Yellow Kid fait que la série a été considéré par les premiers chercheurs des années 1960 non seulement comme la première Bande Dessinée américaine et le premier strip de presse du dimanche mais également comme la première bande dessinée dans l'absolu. On y voit également souvent le précurseur de l'utilisation du phylactère en bande dessinée, alors que le YELLOW KID s'exprime, sauf le 25 octobre 1896, toujours sur son vêtement et que les autres usages du phylactère sont avant tout des moyens de renforcer le comique.


(Le phylactère apparait pour la 1ère fois)

En 1896, OUTCAULT fait paraître sa série dans le « NEW YORK JOURNAL AMERICAN » pendant qu’elle se poursuit dans les pages du « NEW YORK WORLD » sous la plume de Georges LUKS.

Le séries cessent en 1989. OUTCAULT se consacre alors à un autre personnage BUSTER BROWN qui atteindra aussi la consécration.



Le trait d’OUTCAULT est raide, figé, encore sous l’influence des histoires en images mais il a popularisé l’emploi des « ballons ». Il faudra attendre 1908 pour que cet usage commence à apparaître timidement en France. Mais c’est une autre histoire

 
(Richard Felton OUTCAULT 14 janvier 1863-25 septembre 1928)


Anecdotes :

Le caractère vulgaire des termes employés dans « HOGAN’S ALLEY » a donné le mot « YELLOW JORNALISME » toujours utilisé pour définir la presse à scandale

Le YELLOW KID existe sous forme de statuette récompensant les lauréats du Festival de la Bande Dessinée de LUCCA (en Italie)

 

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COUP DE RETRO N°6: Les journaux (5): PILOTE

30 Décembre 2008 , Rédigé par PANSE Publié dans #COUP DE RETRO

L'idée de Pilote est née vers la fin 1958 quand six hommes de presse et de bandes dessinées ont l'idée de créer un journal périodique pour jeunes. Ces hommes Jean-Michel Charlier, Albert Uderzo, René Goscinny, Raymond Joly, François Clauteaux et Jean Hébrard ont pour idée de créer une sorte de « Paris-Match pour jeune » où même si la bande-dessinée jouera un rôle important elle ne représentera pas l'intégralité du journal où elle côtoiera les grands sujets d'actualité.


 


Pourtant, 50 ans après on peut se poser la question : Et si cela n’avait pas simplement abouti à créer le meilleur journal de Bande Dessinée du Monde ?

 

René GOSCINNY a été l’âme des 764 numéros de l’hebdomadaire de sa création le 29 octobre 1959 avant de passer la main (en douceur) lors du passage au Mensuel en 1974.

 

Les séries publiées dans PILOTE ont de quoi donner le tournis :

ASTERIX, ACHILLE TALON, BLUEBERRY, PHILEMON, LUCKY LUKE, TANGUY ET LAVERDURE (les chevaliers du ciel), Le Petit NICOLAS, BARBE ROUGE (Le démon des CARAIBES), VALERIAN …pour les séries classiques

CABU et son GRAND DUDUCHE, REISER transfuges de HARA KIRI,

LONE SLOANE (DRUILLET), Les DINGODOSSIERS puis La RUBRIQUE A BRAC de GOTLIB, TARDI, MANDRYKA, FOREST, BRETECHER, F’MURR mais aussi MOEBIUS (qui collaborait depuis 1963 sous son nom : GIRAUD et avait donné naissance à  BLUEBERRY), tous ces auteurs préfigurant la BD « adulte »

Mais aussi Patrice LECOMTE (réalisateur des Bronzés), LAUZIER et Terry GILLIAM (Membre des MONTHY PYTHON) qui passèrent par la B.D (et PILOTE) avant de s’illustrer au cinéma.

 

PILOTE fut avant tout un état d’esprit, devenant un journal au style et à l’humour incomparable (un MAD à la française) qui inspirera Alain CHABAT

 

Après le départ de BRETECHER, MANDRIKA et GOTLIB partis fonder « L’ECHO DES SAVANES » et de MOEBIUS ( METAL HURLANT), PILOTE devint mensuel et eut encore la force de révéler des talents comme Régis FRANC, FLOC’H, BILAL, PETILLON…



 

Au cours des années 80, PILOTE s’associa à CHARLIE sans pouvoir allier la qualité de l’un ou de l’autre et ne débouchant que sur un journal insipide et sans âme.

 

En Octobre 1989, en guise de trentenaire, PILOTE s’est éteint, laissant le souvenir du Journal d’une génération.

 

En 1968, PILOTE avait aussi lancé la vogue des trimestriels de poche avec SUPER POCKET PILOTE


 
 

En 1972, ce fut la parution de PILOTE ANNUEL qui ne durera que quelques numéros (donc quelques années).


  


PILOTE c’est aussi dans mes souvenirs, les « PILOTORAMAS », cette double page didactique qui réussit l’exploit de franchir les portes de l’école pour être accrochée au mur à une période où la B.D, responsable de « pervertir » la belle jeunesse était taboue dans ces enceintes





 

PILOTE c’est aussi et surtout le « journal d’ASTERIX et OBELIX », le « Journal des jeunes de l’An 2000 » et le « journal qui s’amuse à réfléchir » selon les slogans qui l’accompagnaient.  En tout cas, aujourd’hui encore je peux dire « PILOTE, Mätin quel journal !!!! »

 

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COUP DE RETRO N°5: Les journaux (4): TINTIN

16 Décembre 2008 , Rédigé par PANSE Publié dans #COUP DE RETRO

TINTIN constitue un cas à part dans mes souvenirs.

Lecteur des aventures de TINTIN comme beaucoup, j’ai toujours préféré ses rivaux

Et même si certaines j’adore certaines séries parues dans Le Journal TINTIN, je n’ai jamais été attiré par l’hebdo

Tintin, à une époque appelé Le Journal de Tintin, et Kuifje dans la version néerlandaise, était un magazine hebdomadaire de bande dessinée réaliste de la seconde moitié du XXe siècle. Sous-titré Le journal des jeunes de 7 à 77 ans puis Le super journal des jeunes de 7 à 77 ans, il a publié des séries légendaires comme Blake et Mortimer, Alix, Michel Vaillant, Ric Hochet et, bien sûr, Les Aventures de Tintin et Milou.


 

La première publication eut lieu en 1946 (pour l'édition belge, en 1948 pour l'édition française) et le magazine cessa définitivement de paraître en 1993.

L'idée de publier ce magazine vint, à l'origine, d'une rencontre entre Hergé et Raymond Leblanc, et c'est Leblanc qui fonda une maison d'édition qui se chargea de la publication du périodique : les Éditions du Lombard à Bruxelles.

Une exception notable fut André Franquin. En 1955, l'artiste le plus populaire de Spirou rejoignit Tintin après une dispute avec son éditeur Dupuis. La dispute fut vite résolue, mais Franquin avait déjà signé avec Tintin pour cinq ans. C'est pourquoi il créa Modeste et Pompon pour Tintin, alors qu'il poursuivait d'autres séries chez Spirou. Il quitta Tintin après ses obligations contractuelles, laissant  Modeste et Pompon aux mains d’autres dessinateurs comme entre autres Dino ATTANASIO …

Les principales séries publiées sont bien sur TINTIN et MILOU, Michel VAILLANT, Chick BILL, OUMPAH PAH (de GOSCINNY et UDERZO) , ALIX, Signor SPAGHETTI, MODESTE et POMPON, CUBITUS, Olivier RAMEAU, COMANCHE, Bruno BRAZIL, JUGURTHA, ARIA et tant d’autres…

Je n’ai jamais été abonné ni n’ait acheté régulièrement TINTIN, mais j’étais abonné à JUNIOR, une revue hebdomadaire plus « populaire » reprenant la parution du Journal de TINTIN en y ajoutant quelques planches d’artistes flamands. C’est ainsi que j’ai pu découvrir Willy VANDERSTEEN tout en appréciant les auteurs « classiques » du TINTIN officiel.

Depuis j’ai pu me procurer dans des vide greniers quelques exemplaires d’anciens TINTIN et je possède aussi des recueils TINTIN SELECTION, la version poche destinée à concurrencer le SUPER POCKET PILOTE.

 

 

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